L’Arabie saoudite, la Russie et cinq autres membres de l’OPEP+ ont annoncé dimanche une nouvelle hausse de leurs quotas de production pétrolière pour le mois de juin, dans une décision largement anticipée par les marchés et destinée à afficher la continuité du cartel après le retrait surprise des Émirats arabes unis.
Selon un communiqué publié par l’alliance pétrolière, les sept producteurs concernés augmenteront leur production combinée de 188 000 barils par jour afin de « soutenir la stabilité du marché pétrolier ». Le texte ne fait toutefois aucune référence aux Émirats arabes unis, dont le départ officiel de l’OPEP+ est entré en vigueur cette semaine.
Cette hausse est globalement conforme aux attentes des analystes, après les augmentations similaires annoncées ces derniers mois. En pratique cependant, son impact sur l’offre mondiale pourrait rester limité, plusieurs pays produisant déjà en dessous de leurs quotas théoriques.
La situation est notamment compliquée par les tensions géopolitiques dans le Golfe. Une partie importante des capacités inutilisées de l’OPEP+ se situe dans cette région, alors que les exportations pétrolières demeurent fortement perturbées par le blocus du détroit d’Ormuz imposé par l’Iran, dans le contexte de la guerre déclenchée après les frappes américano-israéliennes du 28 février.
Pour Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, cette décision vise avant tout à envoyer un signal politique et stratégique aux marchés. Selon lui, l’OPEP+ cherche à démontrer que le départ des Émirats arabes unis ne fragilise pas le fonctionnement du groupe et que l’organisation conserve sa capacité d’influence sur les prix mondiaux du pétrole malgré les perturbations actuelles.
« L’augmentation annoncée reste essentiellement symbolique compte tenu des contraintes logistiques et géopolitiques actuelles », estime l’analyste. « Le véritable message est que l’OPEP+ entend continuer à dicter le tempo du marché pétrolier mondial. »
Les Émirats arabes unis avaient annoncé fin avril leur retrait de l’OPEP et de l’OPEP+, invoquant des désaccords persistants autour des quotas de production. Cette décision marque un tournant important pour l’organisation, Abu Dhabi étant l’un des plus grands producteurs de pétrole au monde. Malgré cela, aucun membre du cartel n’a publiquement commenté ce départ jusqu’à présent, rendant l’absence totale de référence aux Émirats dans le communiqué de dimanche particulièrement significative.