À l’approche de la fin du mandat d’António Guterres, la bataille pour la direction de l’Organisation des Nations unies s’intensifie, marquée par des jeux d’influence diplomatiques et des équilibres politiques complexes. Cette semaine, les candidats entrent dans une phase décisive avec leur audition devant les ambassadeurs des 193 États membres, un exercice déterminant dans la sélection du futur secrétaire général.
Parmi les prétendants, Macky Sall cristallise les interrogations. L’ancien président du Sénégal, en poste de 2012 à 2024, a été présenté par le Burundi, mais sa candidature souffre d’un manque de soutien notable : ni son pays d’origine ni l’Union africaine ne se sont rangés derrière lui, un handicap sérieux dans une course où les appuis régionaux sont essentiels.
Face à lui, plusieurs profils internationaux de premier plan se démarquent, notamment en Amérique latine. Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-haute-commissaire aux droits de l’homme, reste une candidate crédible malgré le retrait du soutien de son gouvernement après l’arrivée au pouvoir de José Antonio Kast. Elle conserve toutefois l’appui du Brésil et du Mexique, ce qui maintient son poids diplomatique.
Autre figure majeure, Rafael Mariano Grossi, actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, mise sur son expérience des dossiers stratégiques mondiaux. De son côté, Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle responsable de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, incarne une candidature axée sur les enjeux économiques et le développement international.
Le retrait récent de la diplomate Virginia Gamba, initialement soutenue par les Maldives, a resserré la compétition. Dans ce contexte, la question de la représentation féminine reste centrale, plusieurs puissances plaidant pour qu’une femme accède enfin à ce poste, une orientation également encouragée par António Guterres durant son mandat.