La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a été reçue mercredi au Kremlin par son homologue russe Vladimir Poutine, à l’occasion d’une visite d’État de trois jours en Russie. Il s’agit de son premier déplacement officiel à l’étranger depuis sa réélection à la tête de la Tanzanie lors du scrutin présidentiel du 29 octobre 2025, remporté avec plus de 98 % des suffrages selon les résultats officiels.
Pour Vladimir Poutine, ce choix de Moscou comme première destination internationale revêt une forte portée symbolique. Le président russe a salué ce qu’il considère comme un signe de la solidité des relations entre les deux pays, rappelant l’implication de Samia Suluhu Hassan dans le développement du partenariat russo-tanzanien lorsqu’elle occupait auparavant les fonctions de ministre puis de vice-présidente.
Cette visite intervient toutefois dans un contexte international sensible. Plusieurs observateurs estiment que la dirigeante tanzanienne cherche à renforcer ses relations avec des partenaires alternatifs après les critiques formulées par plusieurs pays occidentaux à la suite des violences post-électorales qui ont secoué le pays. Ces affrontements auraient fait entre 1 000 et 2 000 morts selon différentes estimations, des chiffres contestés par les autorités tanzaniennes.
De son côté, Samia Suluhu Hassan affirme que cette visite s’inscrit avant tout dans une logique de coopération et de développement mutuel. La présidente a également remercié la Russie pour son soutien historique aux mouvements de libération africains. Selon les autorités tanzaniennes, les échanges commerciaux entre les deux pays atteignent actuellement près de 307 millions de dollars par an, un volume que les deux capitales souhaitent désormais renforcer.