Sénégal : Bassirou Diomaye Faye accueille les supporters graciés par le Maroc dans une séquence hautement symbolique

Peu après une heure du matin dimanche, le tarmac de l’aéroport international Blaise-Diagne de Diamniadio s’est transformé en scène de soulagement et de forte charge symbolique. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’est personnellement déplacé pour accueillir les quinze supporters sénégalais graciés par le Maroc après plusieurs mois de détention à la suite des violences survenues lors de la finale de la CAN-2025 à Rabat.

Entouré de responsables de la Fédération sénégalaise de football, de proches des anciens détenus et de membres du gouvernement, le chef de l’État a voulu donner à ce retour une dimension à la fois humaine, politique et diplomatique. Dans une atmosphère marquée par l’émotion, il a salué le retour « sur le territoire national » des supporters et assuré que l’État sénégalais était resté mobilisé tout au long de leur détention.

« Nous avons traversé cette épreuve avec eux », a déclaré le président sénégalais, cherchant à montrer que cette affaire, devenue sensible au fil des mois, avait été suivie au plus haut niveau de l’État.

Bassirou Diomaye Faye a également tenu à remercier officiellement les autorités marocaines ainsi que Mohammed VI pour la grâce royale accordée à l’occasion de la Tabaski. « Je voudrais remercier les autorités marocaines, particulièrement Sa Majesté le Roi, pour cette grâce clémente », a-t-il affirmé devant la presse.

Parmi les supporters libérés, l’émotion restait palpable après plusieurs mois d’incertitude. « Nous étions inquiets au Maroc et nous ne savions pas ce qui allait nous arriver. Aujourd’hui, nous rendons grâce à Dieu », a confié Boubacar Diallo, l’un des anciens détenus, expliquant avoir longtemps pensé qu’il resterait emprisonné jusqu’en janvier 2026.

Les quinze supporters faisaient partie des dix-huit Sénégalais condamnés en février par la justice marocaine pour hooliganisme et violences contre les forces de l’ordre après les incidents ayant éclaté lors de la finale de la CAN disputée le 18 janvier à Rabat. Trois d’entre eux avaient déjà été libérés en avril après avoir purgé leur peine. Les quinze autres ont bénéficié samedi d’une grâce royale accordée pour des « considérations humaines ».

En choisissant de les accueillir personnellement au cœur de la nuit, Bassirou Diomaye Faye a cherché à transformer cette séquence délicate en moment de cohésion nationale, tout en contribuant à apaiser un épisode qui avait brièvement mis sous tension les relations entre Dakar et Rabat.

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