En entamant mercredi sa visite au Cameroun, le pape Léon XIV a délivré un message sans détour sur l’intégrité du pouvoir, exhortant les autorités à lutter contre la corruption et à restaurer la crédibilité des institutions. Reçu au palais présidentiel de Yaoundé, il a appelé le président Paul Biya à briser « les chaînes de la corruption », plaçant d’emblée ce déplacement sous le signe de l’exigence morale et de la responsabilité publique.
Cette visite pastorale de trois jours, la première d’un pape dans le pays depuis 2009, intervient dans un contexte politique sensible. La réélection contestée de Paul Biya en novembre 2025, prolongeant plus de quarante ans de pouvoir, continue d’alimenter les critiques, sur fond de difficultés de gouvernance et de crise persistante dans les régions anglophones, théâtre d’un conflit séparatiste depuis 2017.
Au-delà du discours politique, le souverain pontife a multiplié les gestes symboliques. Il s’est rendu à l’orphelinat Sainte-Thérèse de Yaoundé, où il a rencontré enfants et encadrants, dans une atmosphère chargée d’émotion. À l’extérieur, une foule nombreuse s’était rassemblée pour apercevoir le pape, illustrant l’influence durable de l’Église catholique dans la société camerounaise.
Le déplacement doit se poursuivre jeudi à Bamenda, au cœur des régions anglophones, pour une rencontre dédiée à la paix, alors qu’une trêve de trois jours a été annoncée à l’occasion de sa venue. Vendredi, Léon XIV célébrera une messe à Douala, en présence de centaines de milliers de fidèles attendus. Dans un pays où les catholiques représentent près d’un tiers de la population, cette visite apparaît comme un moment clé, à la croisée des enjeux spirituels, politiques et sociaux.