Au Zimbabwe, le débat sur la place des réseaux sociaux dans la vie des jeunes prend une nouvelle dimension. Les autorités envisagent désormais de limiter l’accès aux principales plateformes numériques pour les moins de 18 ans. L’annonce a été par la ministre des Technologies de l’information et de la communication, Tatenda Mavetera, lors d’une intervention publique dans la ville de Karoi. Cette initiative s’inscrit dans un plan national visant à renforcer la protection des enfants dans l’environnement numérique.
Concrètement, le projet viserait des plateformes populaires comme Facebook, TikTok et Instagram. Selon le gouvernement, l’objectif est de réduire l’exposition des mineurs à des contenus jugés inappropriés et de lutter contre plusieurs risques associés aux réseaux sociaux, notamment le cyberharcèlement, l’exploitation en ligne ou encore l’usage excessif des écrans. En octobre 2025, environ 2,6 millions de Zimbabwéens, soit 15,3 % de la population, utilisaient ces plateformes, illustrant leur place croissante dans la vie quotidienne.
Pour mettre en œuvre une telle restriction, les autorités envisagent de s’appuyer sur une future « politique de protection des enfants en ligne ». Celle-ci pourrait obliger les entreprises du numérique à renforcer les systèmes de vérification de l’âge afin d’empêcher l’accès des utilisateurs mineurs aux réseaux sociaux. En parallèle, le gouvernement souhaite également développer des programmes éducatifs destinés à sensibiliser les jeunes à l’utilisation responsable des outils numériques.
La proposition intervient alors que plusieurs pays dans le monde réfléchissent à encadrer plus strictement l’usage des plateformes par les adolescents. Mais l’idée d’une interdiction totale soulève déjà des interrogations. Certains observateurs rappellent que les réseaux sociaux peuvent aussi être des outils d’apprentissage et d’expression pour les jeunes, tout en soulignant les défis techniques liés au contrôle de l’âge des utilisateurs. Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été annoncé pour l’adoption de cette mesure.