Avec un potentiel estimé à plus de 1 000 milliards de dollars, l’agro-industrie africaine représente l’un des plus grands leviers de transformation économique du continent. Pourtant, malgré ses ressources exceptionnelles, l’Afrique reste majoritairement un exportateur de matières premières brutes.
Le cas du cacao est emblématique. L’Afrique produit plus de 70 % du cacao mondial, principalement en Côte d’Ivoire et au Ghana, mais transforme localement moins de 20 % de cette production. Cette situation limite considérablement la valeur captée sur le continent, alors que la transformation peut multiplier la valeur ajoutée par 2 à 5 fois.
Les investissements dans ce secteur se multiplient. En Afrique de l’Ouest, plusieurs projets industriels ont été lancés, avec des montants cumulés dépassant les 500 millions de dollars, visant à développer des capacités locales de transformation. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large de montée en gamme des économies africaines.
Cependant, les défis restent importants. Les infrastructures logistiques insuffisantes, le coût élevé de l’énergie et les difficultés d’accès au financement freinent le développement de l’agro-industrie. De plus, la structuration des filières agricoles reste inégale, ce qui limite la capacité à garantir des volumes et une qualité constants.
Malgré ces obstacles, le potentiel est considérable. L’Afrique dispose de 60 % des terres arables non exploitées dans le monde, ainsi que d’une population jeune et en croissance, qui constitue à la fois une main-d’œuvre et un marché de consommation.
Le véritable enjeu pour l’Afrique n’est pas de produire davantage, mais de transformer localement pour capter la valeur.