Le Nigeria s’apprête à franchir une étape sensible avec l’installation imminente d’une cour martiale chargée de juger des officiers soupçonnés d’avoir tenté un coup d’État. La mise en place de cette juridiction militaire doit être finalisée avec la prestation de serment de ses juges dans les tout prochains jours.
Au cœur de cette affaire, une trentaine de militaires, accusés d’avoir fomenté un putsch l’année dernière. Depuis vendredi matin, ils sont détenus dans une installation sécurisée à Abuja, en attendant l’ouverture de leur procès devant cette juridiction d’exception.
Parallèlement, la justice civile s’est également saisie du dossier. Six civils, parmi lesquels un général de division à la retraite, ont été inculpés en début de semaine devant la Haute Cour fédérale d’Abuja pour leur implication présumée. Tous ont plaidé non coupables, ouvrant la voie à une procédure judiciaire qui s’annonce longue et scrutée.
L’affaire illustre les zones d’ombre entourant cette tentative de coup de force. Les autorités nigérianes avaient initialement nié tout projet de putsch, avant de reconnaître en janvier l’existence d’une tentative visant, selon elles, à déstabiliser le pouvoir du président Bola Tinubu. Une évolution de discours qui alimente interrogations et tensions dans un pays confronté à des défis sécuritaires persistants.