Au Bénin, la réforme de l’enseignement agricole prend forme sur le terrain. Réuni en Conseil des ministres le 11 mars, le gouvernement a validé la contractualisation pour la construction de trois premières écoles professionnelles de formation agricole dans les communes de Bassila, Ouessè et Zè. Dans le même mouvement, les autorités ont également autorisé la mise en place du dispositif de contrôle technique et de suivi des travaux, marquant le lancement opérationnel d’un programme éducatif destiné à soutenir la modernisation du secteur agricole.
Ces trois établissements constituent la première étape d’un projet national plus ambitieux prévoyant la construction et la réhabilitation de 26 structures de formation agricole à travers le pays, dont 12 lycées et 14 écoles professionnelles. L’objectif affiché est de former une nouvelle génération d’exploitants agricoles capables de moderniser les pratiques et d’améliorer la productivité. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP), avec l’ambition que 70 % des élèves béninois passent par ces filières d’ici 2030.
Le pari est de taille dans un pays où l’agriculture demeure un pilier économique majeur. Le secteur représente environ 70 % des emplois et contribue à près d’un quart du produit intérieur brut. Pourtant, la production reste dominée par de petites exploitations souvent peu mécanisées, et les principales exportations agricoles, coton, soja et noix de cajou, quittent encore le pays sans transformation. En multipliant les écoles agricoles, le gouvernement espère combler ce déficit de compétences et donner au secteur les moyens de peser davantage dans la croissance économique nationale.