Après des décennies d’attente, la Guinée a vu partir son premier navire de minerai de fer vers les marchés internationaux. Le 17 janvier, un vraquier chargé d’environ 200 000 tonnes de minerai à haute teneur a accosté au port chinois de Majishan, au terme d’un voyage de 46 jours depuis les côtes guinéennes. Ce chargement inaugural marque l’entrée officielle du gisement de Simandou dans les circuits mondiaux du commerce des matières premières.
Ce moment symbolique consacre le basculement d’un projet longtemps bloqué par des différends juridiques, des renégociations contractuelles et des retards techniques. Situé dans le sud-est de la Guinée, entre Beyla et Kérouané, Simandou est considéré comme l’un des plus importants gisements de minerai de fer à haute teneur encore inexploités. Les opérations minières ont été officiellement lancées le 11 novembre 2025, ouvrant la voie à une montée progressive en puissance des exportations.
Au cœur de cette transformation se trouve une chaîne logistique intégrée, reliant la mine aux ports atlantiques grâce à un corridor ferroviaire de plus de 600 kilomètres. Développé par Rio Tinto Simfer et le Winning Consortium Simandou, le projet ambitionne d’atteindre, à terme, une capacité de production annuelle de 120 millions de tonnes, soit près de 5 % de l’offre mondiale actuelle.
Pour la Guinée, cette première exportation ouvre une nouvelle page économique, avec des perspectives importantes de recettes et de croissance, mais aussi des défis liés à la gouvernance, aux infrastructures et à la dépendance aux cours mondiaux. Sur le plan international, l’arrivée du minerai de Simandou renforce la concurrence sur un marché dominé par quelques grands producteurs et offre notamment à la Chine une source d’approvisionnement supplémentaire en minerai de haute qualité, prisé dans un contexte de transition vers une sidérurgie moins polluante.