Des soldats de l’armée fédérale éthiopienne ont atteint le 13 octobre Zalambessa, ville d’environ 15 000 habitants située sur la frontière avec l’Érythrée, selon six sources interrogées par Reuters. L’information n’a toutefois pas été confirmée officiellement par Addis-Abeba, et un porte-parole d’une milice progouvernementale n’a pas assuré que l’armée contrôlait effectivement la localité.
Cette avancée prolonge la contre-offensive engagée contre une coalition rebelle emmenée par le Front populaire de libération du Tigré. Les combats, qui ont repris en septembre dans le nord de l’Éthiopie, ont réveillé le spectre de la guerre de 2020-2022. Les forces gouvernementales ont repris plusieurs villes, poussant leurs adversaires à se replier vers le nord et la frontière érythréenne.
Le risque d’un affrontement régional est aggravé par les accusations croisées entre Addis-Abeba et Asmara. Des témoins et un observateur du conflit ont affirmé que des soldats érythréens étaient entrés à Zalambessa la semaine précédente pour soutenir les rebelles. L’Érythrée nie toute incursion, tandis que l’Éthiopie soutient que des forces érythréennes auraient pénétré jusqu’à 60 kilomètres sur son territoire. Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est saisi du dossier à huis clos.
La présence de forces rivales dans une zone frontalière aussi sensible augmente le risque d’un incident militaire direct, même en l’absence de décision déclarée d’entrer en guerre. Les deux pays, réconciliés en 2018 après deux décennies d’hostilité, se trouvent de nouveau dans des camps opposés. La maîtrise effective de Zalambessa et le maintien éventuel de soldats érythréens sur place seront déterminants pour mesurer le degré d’escalade.