Au 7 mai 2026, une transformation majeure est en cours sur le continent africain, mais elle reste encore sous-estimée : la croissance urbaine ne se concentre plus exclusivement dans les grandes métropoles, elle se diffuse désormais vers les villes secondaires. Ces agglomérations, généralement comprises entre 200 000 et 1 million d’habitants, captent une part croissante de la dynamique démographique et économique.
Les projections indiquent que plus de 40 % de la croissance urbaine africaine d’ici 2035 se produira dans ces villes intermédiaires. Cela représente plusieurs centaines de millions de nouveaux habitants à absorber, dans des zones souvent encore peu structurées. Cette évolution s’explique notamment par la saturation des grandes métropoles, où les prix de l’immobilier ont progressé de +50 % à +100 % sur la dernière décennie, rendant l’accès au logement de plus en plus difficile.
Dans ce contexte, les villes secondaires deviennent des alternatives crédibles. Le coût du foncier y est généralement 30 % à 60 % inférieur à celui des capitales, et les coûts d’installation pour les entreprises peuvent être réduits de 20 % à 40 %. Cela attire progressivement des activités industrielles légères, des plateformes logistiques et des services à destination d’une population en croissance rapide.
Cependant, cette opportunité s’accompagne d’un risque structurel. Dans de nombreuses villes, la croissance démographique dépasse +4 % à +6 % par an, alors que les infrastructures (routes, eau, électricité, santé, éducation) ne suivent pas au même rythme. Sans planification, ces zones peuvent rapidement reproduire les déséquilibres des grandes métropoles.
La lecture stratégique est claire : ces villes représentent aujourd’hui l’un des meilleurs points d’entrée pour les investisseurs et les opérateurs économiques, notamment dans l’immobilier, la distribution, les services essentiels et les infrastructures.
Les villes secondaires, nouveaux pôles économiques, arriveront-elles à structurer leur développement pour éviter une urbanisation déséquilibrée ?