Au Sénégal, la justice a prononcé sa première condamnation depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi renforçant les sanctions liées à l’homosexualité. Le 10 avril, un homme de 24 ans a été condamné par le tribunal de Pikine-Guédiawaye, en périphérie de Dakar, à six ans de prison ferme, assortis d’une amende de deux millions de francs CFA.
Ce jugement marque la première application du texte adopté en mars puis promulgué quelques semaines plus tard par le président Bassirou Diomaye Faye. La législation prévoit désormais un durcissement des peines, comprises entre cinq et dix ans de prison, et introduit également des sanctions visant ce qui est qualifié de « promotion » de l’homosexualité.
Cette décision intervient dans un contexte de répression accrue. Depuis février, plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées à travers le pays. Selon différentes sources, ces arrestations font souvent suite à des dénonciations ou à l’exploitation de contenus personnels, notamment extraits de téléphones. Dans certains cas, l’identité des personnes arrêtées a été rendue publique, les exposant à des risques de violences.
L’adoption de cette loi avait suscité de vives critiques d’organisations de défense des droits humains, qui avaient appelé les autorités sénégalaises à renoncer à ce texte.
Plusieurs affaires similaires sont actuellement en cours d’instruction, avec des suspects placés en détention provisoire. Dans ce climat, des associations rapportent une hausse des demandes d’aide de personnes souhaitant quitter le pays. Les procédures d’asile, notamment vers l’Europe, restent toutefois longues et incertaines.
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