À moins de deux semaines du coup d’envoi initialement prévu, la 16ᵉ édition de la Coupe d’Afrique féminine 2026 navigue à vue. Prévue du 17 mars au 3 avril au Maroc, la compétition pourrait finalement être décalée à juillet-août, alimentant la frustration des sélections qui s’étaient préparées pour des dates désormais incertaines. Selon « Jeune Afrique », le report serait quasi entériné en coulisses, la Fédération Royale marocaine de football invoquant un calendrier national et international saturé, entre Botola D1, CAN masculine, CHAN et matchs amicaux programmés.
Dans les coulisses, la question du pays hôte cristallise désormais toutes les tensions. La CAF, sous la présidence de Patrice Motsepe, aurait exploré la possibilité de transférer la compétition en Algérie, sans succès, tandis que l’Afrique du Sud se positionne en candidat de substitution. Le tournoi, qui qualifiera les quatre demi-finalistes pour la Coupe du monde 2027 au Brésil, devient un enjeu stratégique pour le continent et un test pour la gouvernance de la CAF, coincée entre ambitions marocaines et impatience sud-africaine.
La réaction sud-africaine ne s’est pas fait attendre. Gayton McKenzie, ministre des Sports, a dénoncé un traitement scandaleux du football féminin et proposé ouvertement son pays pour organiser la compétition si le Maroc n’était pas en mesure de tenir les délais. « Nous ne nous laisserons jamais prendre en otage par des pays moins bien équipés que nous », a-t-il insisté, mettant la pression sur la CAF et rappelant que l’Afrique du Sud dispose des infrastructures nécessaires pour accueillir le tournoi immédiatement.
Entre tensions diplomatiques et contraintes logistiques, la CAN Féminine 2026 s’installe dans un flou stratégique. Le Maroc, encore marqué par la finale mouvementée de la CAN 2025 perdue face au Sénégal, doit désormais arbitrer entre son calendrier national chargé et la responsabilité d’accueillir un événement continental majeur. La CAF promet des décisions urgentes et de haut niveau dans les 48 heures, mais pour les équipes et supporters, l’incertitude demeure totale.