Après plus de deux mois de fermeture imposée par l’offensive de l’AFC/M23 sur Uvira, la frontière terrestre entre la RD Congo et le Burundi a rouvert ce lundi 23 février, marquant un soulagement palpable pour une région exsangue. Le poste de Kavimvira, stratégique pour les échanges commerciaux et la mobilité des populations, a repris ses activités à 8 h locales, après avoir été le théâtre d’une paralysie économique et humanitaire. La reprise des flux terrestres est perçue comme vitale pour la survie des habitants d’Uvira et des villes avoisinantes, qui avaient vu marchés, commerces et transports s’éteindre sous l’effet de la fermeture.
Sur le terrain, la population d’Uvira exprime un mélange de joie et d’inquiétude. Les commerçants, les familles séparées et les réfugiés bloqués côté burundais se sont pressés aux abords du poste frontalier, témoignant de deux mois de souffrances silencieuses. Certains ont dû traverser le lac Tanganyika clandestinement, risquant leur vie dans des pirogues de fortune ou en s’accrochant à de simples bidons.
Pour les autorités, l’heure n’est pas encore à la célébration totale. Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, souligne que la menace reste présente, avec des positions de l’AFC/M23 à moins de quinze kilomètres. La réouverture constitue néanmoins un premier pas vers le rétablissement économique et social, offrant aux habitants un accès aux marchés, aux familles et aux services essentiels. Entre soulagement et vigilance, l’est congolais tente de reprendre son souffle, alors que la frontière retrouve enfin son rôle de lien vital entre les deux pays.
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