Au Sénégal, les coupures d’électricité de septembre ont replacé la production d’énergie au centre du débat. Le 1er octobre, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a défendu une utilisation accrue du gaz pour alimenter le réseau. Il a évoqué des pannes, des difficultés d’approvisionnement en combustible et le retard des infrastructures gazières. Pour les ménages et les entreprises, la priorité demeure plus immédiate : disposer d’une électricité régulière.
Les chiffres illustrent le décalage entre les moyens annoncés et le courant disponible. Selon le ministre, la capacité installée du pays dépasse 2 300 mégawatts. En août, la demande a atteint environ 1 400 mégawatts, au-delà des prévisions. Pourtant, le réseau a connu des perturbations le mois suivant. Une capacité inscrite sur le papier ne garantit pas l’alimentation des foyers lorsque le combustible manque ou que des équipements sont à l’arrêt.
Le gouvernement mise sur le gaz pour réduire le recours au gasoil, plus coûteux. Encore faut-il pouvoir transporter ce gaz et disposer de centrales prêtes à l’utiliser. Le projet West African Energy a pris du retard, tandis que la mise en service de la centrale de Gandon est annoncée pour 2027. Ces chantiers dessinent une réponse possible, mais leur calendrier ne soulage pas encore les usagers confrontés aux coupures.
La crise de septembre met ainsi les autorités face à deux échéances. La première consiste à stabiliser la fourniture d’électricité avec les installations existantes. La seconde est de rendre opérationnelle la transition vers le gaz. C’est à la fiabilité du réseau, puis au respect des dates annoncées pour les nouvelles infrastructures, que les Sénégalais pourront mesurer les résultats de cette politique.