Kidal, l’impossible reconquête…

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Kidal change encore de mains. Et peut-être est-ce précisément cela, le véritable problème.

L’armée malienne affirme avoir repris cette ville stratégique du nord du pays, avec l’appui de l’Africa Corps russe. Depuis avril, Kidal était contrôlée par le Front de libération de l’Azawad et par des combattants liés à Al-Qaïda.

Bamako présente cette reprise comme le résultat d’une importante opération terrestre et aérienne. Les groupes armés racontent une autre histoire. Le Front de libération de l’Azawad affirme avoir choisi de se retirer pour préserver ses hommes et son matériel face à l’intensité des frappes. Il assure que les forces maliennes sont entrées dans la ville sans véritable combat au sol.

Deux récits s’affrontent. Mais une réalité demeure : Kidal a de nouveau basculé.

Et à Kidal, rien n’est jamais seulement militaire.

Cette ville est depuis des décennies l’un des épicentres de la contestation touarègue et un symbole majeur de l’autorité de l’État dans le nord du Mali. En novembre 2023, sa reprise avait déjà été célébrée à Bamako comme une victoire historique. En avril 2026, l’armée la perdait de nouveau. Quelques mois plus tard, elle y revient.

Pour les autorités maliennes, cette nouvelle reprise constitue donc un succès politique autant que militaire, après plusieurs mois difficiles.

Mais prendre Kidal est une chose. Tenir Kidal en est une autre.

Dans l’immensité du nord malien, contrôler une ville ne signifie pas contrôler toute une région. Les groupes armés restent mobiles, connaissent le terrain et peuvent se replier dans le désert avant de réapparaître ailleurs.

Le véritable test commence donc maintenant : sécuriser les routes, rétablir les services publics, permettre aux habitants de circuler et de vivre sans craindre le prochain basculement. Car une victoire militaire ne devient véritablement politique que lorsqu’elle permet le retour durable de l’État.

Au fond, la souveraineté ne se mesure pas seulement au drapeau que l’on hisse sur une ville.

Elle se mesure à la capacité de l’État à y rester, à protéger et à gouverner.

Kidal a été reprise.

Reste désormais à savoir si elle est réellement reconquise.

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