Les déclarations de Donald Trump sur l’Afrique, déjà largement critiquées par le passé, refont surface avec une intensité renouvelée. Après avoir qualifié la Somalie de « pays pourri » et accusé les Somaliens aux États-Unis de « créer des problèmes », l’ancien président américain persiste dans une rhétorique qui choque de nombreux observateurs et leaders africains. Dans un récent entretien accordé à Politico, il a réitéré sa vision alarmiste de la migration, affirmant que l’arrivée de personnes venues de plusieurs régions du monde serait en train de « détruire l’Europe ».
Au cœur de ses propos, Trump cite explicitement des migrants « venant du Congo », allant jusqu’à affirmer que certains seraient issus « des prisons du Congo et d’autres pays ». Selon lui, les dirigeants européens seraient « faibles » et trop « politiquement corrects » pour renvoyer ces migrants dans leurs pays d’origine, ce qui contribuerait à transformer négativement des villes comme Paris ou Londres. Une fois de plus, l’Afrique sert de point d’appui à un discours centré sur la peur, la menace et la déstabilisation.
Ces déclarations s’inscrivent dans une stratégie désormais familière : présenter le continent africain comme une source de désordre et de criminalité pour renforcer son argumentaire sécuritaire. En ciblant des pays comme le Congo, Trump alimente des stéréotypes persistants sur les migrants africains et leurs nations d’origine. Et pendant qu’il multiplie les attaques verbales contre l’Afrique, une polémique parallèle gronde aux États-Unis : des élus et organisations afro-américaines dénoncent ses récentes décisions, notamment la suppression des journées de gratuité dans les parcs nationaux pour Martin Luther King Day et Juneteenth, ainsi que d’autres mesures jugées hostiles à l’histoire et aux droits civiques des Afro-Américains. Cette double posture, attaquer l’Afrique à l’international tout en suscitant la colère de sa propre population noire, alimente un débat sur la cohérence et le racisme potentiel de ses actions.
Reste à savoir quelle sera la réaction des gouvernements africains face à ces nouvelles attaques verbales, et si ces sorties répétées finiront par peser sur les relations entre Washington et le continent. Pour l’heure, une chose est claire : loin d’apaiser les tensions, les propos de Trump continuent d’alimenter une vision réductrice de l’Afrique dans les débats internationaux sur la migration, alors même qu’une partie de son propre pays l’accuse d’entretenir un climat racial de plus en plus inquiétant.