L’annonce du lancement du projet Coral North FLNG par Eni, doublon du Coral South mis en service en 2022, marque une étape cruciale pour la stratégie énergétique du Mozambique.
Ce second navire-usine, d’une capacité annuelle de 3,5 millions de tonnes, représente un investissement de 8 milliards $. La Banque mondiale estime qu’il pourrait générer 2,3 milliards $ de recettes fiscales annuelles à partir de 2028, soit près de 10 % du budget national.
Les marchés obligataires ont réagi positivement : les eurobonds 2031 ont gagné 120 points de base en une semaine.
Le nord du pays reste cependant instable. Malgré la présence des troupes rwandaises et de la SADC, les attaques sporadiques des groupes affiliés à Daech persistent dans Cabo Delgado, où se trouvent les infrastructures gazières de TotalEnergies et ExxonMobil.
Le gouvernement de Filipe Nyusi promet d’augmenter de 20 % le budget de la défense en 2026.
L’enjeu est d’éviter que le boom gazier ne creuse les inégalités : plus de 60 % des Mozambicains vivent encore sous le seuil de pauvreté. L’exécutif mise sur un programme de contenu local et sur un fonds souverain adossé aux revenus du gaz, censé financer santé et éducation.
Le Mozambique réussira-t-il à transformer la manne LNG en moteur de développement partagé, ou répétera-t-il le scénario classique de la “malédiction des ressources” ?