L’Assemblée législative du peuple du Burkina Faso a adopté, mardi 20 octobre, un nouveau Code pénal qui prévoit le rétablissement de la peine de mort pour certaines infractions. Les 71 membres ayant pris part au vote se sont prononcés en faveur du texte. Le pays avait aboli la peine capitale en 2018.
La réforme dépasse largement cette seule disposition. Selon le compte rendu publié par l’Assemblée, elle réintroduit aussi des sanctions pénales pour des délits de presse et modifie les peines applicables à de nombreuses infractions. Le gouvernement présente cette révision comme une adaptation du droit à la criminalité et aux impératifs de sécurité.
Le ministre de la Justice a cité, parmi les crimes susceptibles d’être punis de mort, le terrorisme, l’espionnage, la trahison et le parricide. L’ampleur de la réforme appelle toutefois une lecture du texte définitif : les conditions d’application et la date de son entrée en vigueur ne peuvent être déduites du seul compte rendu du vote.
Cette décision marque un changement profond dans la politique pénale burkinabè. Elle ouvre aussi un débat sur la place des libertés publiques dans un pays dirigé par les militaires depuis 2022. Pour apprécier ses effets réels, il faudra examiner le Code promulgué et la manière dont les juridictions appliqueront ses nouvelles dispositions.