Pour la première fois depuis le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO, les deux ensembles se sont retrouvés au niveau ministériel. Réunis samedi 17 octobre à Dakar, leurs représentants ont décidé de créer des groupes de travail conjoints chargés de préparer un accord-cadre de coopération. Aucun accord sur le fond n’a encore été conclu, mais cette rencontre donne une forme officielle à un dialogue engagé lors de consultations à Bamako en mai 2025.
Le départ des trois pays sahéliens est devenu effectif le 29 janvier 2025. Dirigés par des autorités militaires issues de coups d’État, ils reprochaient à la CEDEAO sa gestion des crises politiques et défendaient leur propre projet régional au sein de l’Alliance des États du Sahel. Leur retrait a modifié l’équilibre institutionnel de l’Afrique de l’Ouest, sans faire disparaître les liens économiques, familiaux et commerciaux qui les unissent à leurs voisins.
Ces liens donnent aux négociations une portée immédiate pour les populations. Après le retrait, la CEDEAO a maintenu jusqu’à nouvel ordre la circulation sans visa des ressortissants des trois pays, ainsi que le traitement préférentiel de leurs biens et services. Ces mesures ont évité une rupture brutale. Elles restent toutefois provisoires : les deux organisations doivent encore définir les règles durables de leurs relations, notamment pour les déplacements et les échanges.
À Dakar, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, conduisait la délégation de la CEDEAO face à celle de l’AES, menée par son homologue burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré. Les deux parties ont insisté sur le respect de la souveraineté et les intérêts des populations. Cette volonté affichée de coopération laisse entières les questions les plus difficiles, en particulier la gestion des frontières et la coordination face aux violences armées qui traversent la région.
Les groupes de travail doivent maintenant soumettre leurs propositions aux ministres, avant une nouvelle réunion dont la date n’a pas été fixée. Dakar marque donc une reprise du dialogue, pas une réconciliation achevée. Le succès de cette démarche se mesurera moins à la signature d’un texte qu’à ses effets sur la vie des voyageurs, des commerçants et des habitants des zones frontalières.
Photo proposée : une image de la réunion de Dakar publiée par le ministère sénégalais des Affaires étrangères. Légende : « Réunion ministérielle entre la CEDEAO et l’AES, le 17 octobre 2026 à Dakar. » Crédit à confirmer auprès du ministère avant réutilisation.