RDC : la bêtise des guerres de pouvoir

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Il y a des bêtises politiques que les peuples paient de leur vie. En République démocratique du Congo, Joseph Kabila, qui a dirigé le pays pendant dix-huit ans, prend la tête d’une coalition comprenant le M23, une rébellion armée. Son objectif : défier Félix Tshisekedi, l’homme auquel il avait lui-même transmis le pouvoir.

Le 12 octobre, à Goma, Kabila a été désigné chef du Front pour la refondation de la nation. Cette coalition réunit plusieurs dirigeants de la rébellion et affirme vouloir combattre le pouvoir de Kinshasa, y compris par la force.

Pour mesurer le basculement, il faut revenir à 2019. Kabila quitte alors la présidence. Son camp et celui de Tshisekedi concluent un accord politique, avant de rompre. Les partenaires deviennent adversaires. En 2025, Kabila réapparaît à Goma, déjà contrôlée par le M23. Il est ensuite condamné à mort par contumace, notamment pour trahison. Il rejette ce verdict et dénonce un procès politique.

Mais cette histoire dépasse la rivalité entre deux hommes. Dans l’est du pays, les combats ont chassé des populations de chez elles. Les Nations unies accusent le Rwanda de soutenir militairement le M23 ; Kigali le conteste. Pendant que les dirigeants s’affrontent, les habitants vivent avec la peur, les déplacements et l’incertitude.

Voilà ce que ces guerres de pouvoir disent d’une partie de notre continent. Une énergie immense est consacrée à conquérir l’État ou à le reprendre, alors que cet État peine encore à protéger ses citoyens et à leur rendre les services essentiels.

La RDC possède du cuivre, du cobalt, de l’or, des terres fertiles et un immense potentiel hydroélectrique. Ces ressources pourraient financer des écoles, des hôpitaux et des routes. Pourtant, dans les régions ravagées par la guerre, la première demande reste bien plus simple : pouvoir vivre en sécurité.

Le développement de l’Afrique n’est pas condamné d’avance. Mais chaque fois que la conquête du pouvoir passe avant la vie des citoyens, on le repousse. La vraie bêtise est là : prétendre sauver un pays en acceptant qu’il continue de saigner.

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