La Zambie franchit une nouvelle étape dans son redressement financier. Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, le 9 octobre, un accord préliminaire avec Lusaka sur un nouveau programme de financement d’environ 1,5 milliard de dollars. Prévu sur trois ans, ce dispositif doit permettre au pays de consolider sa stabilité économique, de renforcer ses finances publiques et de soutenir sa croissance. L’accord reste toutefois soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI, attendue en décembre. Pour la Zambie, qui avait été le premier pays africain à faire défaut sur sa dette souveraine pendant la pandémie de Covid-19, cette annonce marque une étape importante dans la reconstruction de sa crédibilité financière.
Le chemin parcouru depuis 2020 reste considérable. Confrontée à un endettement devenu insoutenable, la Zambie avait engagé de longues négociations avec ses créanciers internationaux, notamment la Chine et les détenteurs d’obligations souveraines. Ces discussions avaient débouché sur une restructuration progressive de sa dette, accompagnée d’un premier programme du FMI de 1,7 milliard de dollars. Le nouveau financement intervient donc dans un contexte différent : il ne s’agit plus seulement d’éviter l’effondrement financier, mais de consolider les réformes et de restaurer durablement la confiance des investisseurs.
Les perspectives économiques offrent quelques raisons d’espérer. Le FMI prévoit une croissance de 5,6 % en 2026, soutenue notamment par la reprise de l’agriculture, les activités minières et les exportations. Le cuivre, dont la Zambie figure parmi les principaux producteurs africains, demeure au cœur de cette dynamique. Métal stratégique pour les infrastructures électriques, les véhicules électriques et la transition énergétique mondiale, il représente un levier majeur de développement. Mais cette dépendance constitue également une fragilité : les recettes du pays restent fortement exposées aux fluctuations des cours internationaux et aux performances de son secteur minier.
Derrière ces perspectives encourageantes, les déséquilibres budgétaires n’ont pas disparu. Les recettes publiques ont été inférieures aux prévisions, tandis que certaines dépenses, notamment celles liées aux réserves alimentaires, ont dépassé les montants initialement programmés. Le gouvernement devra donc poursuivre ses efforts de discipline financière sans compromettre les investissements indispensables dans les infrastructures, l’éducation, la santé et l’emploi. C’est toute la difficulté des programmes d’ajustement économique : rétablir les équilibres financiers tout en répondant aux attentes sociales d’une population qui ne mesure pas la réussite économique uniquement à travers les indicateurs macroéconomiques.
L’expérience zambienne dépasse largement les frontières du pays. Elle illustre le dilemme auquel sont confrontées de nombreuses économies africaines : retrouver la confiance des marchés et des institutions financières internationales sans sacrifier leurs ambitions de développement. La restructuration de la dette peut offrir un répit, et les financements du FMI peuvent contribuer à stabiliser une économie. Mais ni l’un ni l’autre ne remplacent la diversification productive, la transformation locale des matières premières et la création d’emplois. Pour Lusaka, le véritable succès ne se mesurera donc pas aux milliards obtenus auprès de ses partenaires financiers, mais à sa capacité de transformer cette nouvelle marge de manœuvre en prospérité durable.