Hakainde Hichilema a officiellement entamé son second mandat à la tête de la Zambie en prêtant serment lors d’une cérémonie organisée au stade de Lusaka. Devant des milliers de sympathisants de l’UPND, vêtus aux couleurs rouges du parti, le président réélu a voulu faire de cette investiture le point de départ d’une nouvelle séquence politique, après un premier mandat consacré notamment aux réformes économiques et au redressement des finances du pays.
Pour les cinq prochaines années, Hichilema place la croissance au cœur de ses priorités avec un programme baptisé « Grow Zambia ». L’ambition affichée est d’accélérer les réformes, de stimuler l’investissement et surtout de transformer la reprise économique en opportunités concrètes pour la population. La question de l’emploi des jeunes apparaît comme l’un des principaux défis de ce nouveau mandat, dans un pays où les attentes sociales restent fortes malgré les progrès revendiqués par le gouvernement.
Cette réélection ne referme toutefois pas le débat politique. L’opposition conteste les conditions dans lesquelles s’est déroulé le scrutin et dénonce des intimidations, des restrictions imposées à ses activités ainsi qu’un environnement politique et médiatique qui aurait favorisé le pouvoir sortant. Derrière les célébrations de Lusaka, Hichilema devra donc également répondre aux interrogations sur la qualité du jeu démocratique et restaurer la confiance d’une partie de l’électorat qui ne se reconnaît pas dans sa victoire.
Deuxième producteur africain de cuivre, la Zambie dispose d’un atout stratégique considérable à l’heure où la demande mondiale en minerais indispensables à la transition énergétique ne cesse de croître. Mais pour Hichilema, l’enjeu sera précisément de faire en sorte que cette richesse se traduise davantage dans le quotidien des Zambiens. Après le temps des réformes et des promesses, ce second mandat sera ainsi jugé sur une question simple : la croissance annoncée par « Grow Zambia » améliorera-t-elle réellement les conditions de vie de la population ?