À Ouagadougou, le verdict est tombé comme un symbole fort dans une affaire sensible. L’ancienne ministre Laure Zongo a été condamnée à cinq ans de prison ferme pour détournement de fonds destinés aux déplacés internes. Son collaborateur, Camille Yé Yaké, considéré comme le principal acteur du dossier, écope de la peine la plus lourde : onze ans de prison, assortis d’une importante amende.
Au cœur de l’affaire, plus de 3 milliards de francs CFA détournés, soit environ 4,6 millions d’euros. Selon la justice du Burkina Faso, ces fonds étaient destinés à venir en aide à plus de deux millions de personnes déplacées par les violences terroristes. Les enquêteurs décrivent un système organisé mêlant surfacturations, contrats fictifs et falsifications de signatures pour siphonner les ressources publiques.
Ce procès s’inscrit dans le prolongement de l’affaire dite « Amidou Tiegnan », du nom d’un fonctionnaire déjà condamné en 2024 et à l’origine des révélations. Six autres agents du ministère ont été jugés : certains condamnés, d’autres relaxés. Au-delà des peines, cette décision met en lumière les failles d’un système censé protéger les plus vulnérables, dans un pays confronté à une crise humanitaire majeure.