En République centrafricaine, la santé publique se réinvente sous pression. Le président Faustin Archange Touadéra a lancé le 24 mars un vaste programme de sécurité sanitaire, pensé bien au-delà des frontières nationales. Porté avec la CEMAC, ce plan veut transformer la capacité de réponse face aux crises sanitaires dans toute la sous-région.
Financé par la Banque mondiale à hauteur de 30 milliards de FCFA (environ 53 millions de dollars), le programme s’étale sur cinq ans avec une couverture totale du territoire. Il repose sur quatre piliers : prévenir les épidémies, détecter rapidement les menaces, coordonner les actions et organiser la riposte. L’objectif affiché est de bâtir un système de santé plus solide, capable d’anticiper plutôt que subir.
Mais derrière cette ambition, les chiffres rappellent l’ampleur du défi. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, seuls 40 % des accouchements sont assistés par du personnel qualifié, tandis que la mortalité maternelle atteint 829 décès pour 100 000 naissances. L’accès aux soins reste profondément inégal, avec des médecins concentrés à Bangui et une majorité de la population privée de services essentiels, dans un pays où l’espérance de vie dépasse à peine 53 ans.