Lors du second Sommet Italie-Afrique qui s’est tenu récemment à Addis-Abeba, l’Italie a proposé une initiative innovante : la suspension des paiements de la dette pour les pays africains touchés par des chocs climatiques extrêmes. Cette proposition s’inscrit dans un cadre plus large de coopération appelée le “Mattei Plan”, axé sur le développement durable, l’énergie, les infrastructures et l’agriculture, avec des engagements financiers étalés et des conditions adaptées aux réalités climatiques.
La démarche italienne intervient dans un contexte où de nombreuses économies africaines subissent déjà des pertes économiques croissantes liées au changement climatique — événements météorologiques extrêmes, stress hydrique, dégradation des terres et montée des coûts assurantiels. Pour plusieurs dirigeants africains, l’intégration de clauses d’ajustement climatique dans la gestion de la dette va au-delà de la simple souplesse budgétaire : elle reconnaît que les risques climatiques modifient structurellement les profils économiques des pays.
L’écho de cette proposition a été favorable dans plusieurs capitales africaines, où des ministres des Finances et des Affaires étrangères ont insisté sur la nécessité d’un nouveau paradigme de coopération financière multipartite, combinant dette, investissements verts et transfert technologique. La participation de l’Éthiopie à la co-présidence de cet effort symbolise la montée en puissance des pays africains comme partenaires actifs dans la gouvernance internationale, plutôt que simples bénéficiaires.
Cette nouvelle initiative de coopération financière climatique peut-elle devenir un modèle durable et équitable pour les relations UE-Afrique, ou restera-t-elle limitée à des effets de communication sans transformation structurelle de l’accès au capital pour les pays vulnérables ?