Alors que le conflit soudanais entre dans sa troisième année, la crise humanitaire atteint un seuil critique. Selon les dernières estimations des agences humanitaires internationales, plus de 8 millions de personnes sont déplacées, dont près de 2,5 millions ont franchi les frontières vers le Tchad, l’Égypte, le Soudan du Sud et l’Éthiopie. Le Soudan est désormais considéré comme l’une des plus grandes crises de déplacement au monde.
Les combats entre les forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide (FSR) ont fragmenté l’économie nationale. Le PIB aurait chuté de plus de 20 % cumulés depuis 2023, selon des projections régionales, tandis que l’inflation demeure extrêmement élevée. Les infrastructures de santé et d’approvisionnement alimentaire sont gravement affectées, aggravant les risques de famine dans plusieurs régions.
Au-delà de l’urgence humanitaire, les conséquences géopolitiques se multiplient. La position stratégique du Soudan sur la mer Rouge, corridor maritime crucial reliant l’Europe et l’Asie, inquiète les puissances régionales et internationales. Les États voisins redoutent une déstabilisation prolongée susceptible d’alimenter des flux migratoires et des tensions sécuritaires transfrontalières.
Les initiatives diplomatiques se heurtent à la fragmentation des acteurs armés et aux rivalités d’influence. Sans solution politique crédible, la reconstruction économique paraît lointaine.
Le Soudan peut-il encore éviter une fragmentation durable de son territoire et de son économie, ou le conflit est-il en train d’ancrer une instabilité régionale de long terme ?