Les Nations Unies ont annoncé le lancement d’un nouveau plan d’aide humanitaire de 852 millions de dollars destiné à la Somalie. Présenté lundi lors d’une conférence de presse par le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, ce plan vise à porter assistance à environ 2,4 millions de personnes parmi les plus vulnérables du pays.
Selon les responsables humanitaires, ce montant représente une baisse de 40 % par rapport à l’appel de fonds de l’an dernier. Cette réduction ne reflète pas une amélioration de la situation sur le terrain, mais plutôt des ressources internationales de plus en plus limitées. Le plan ne couvrira ainsi qu’une partie des besoins humanitaires, laissant d’importantes lacunes dans des services essentiels tels que l’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins de santé.
L’ONU alerte sur une situation particulièrement critique en Somalie, confrontée à une sécheresse sévère et prolongée, à l’effondrement des moyens de subsistance, aux déplacements massifs de population et à la propagation d’épidémies. L’an dernier, le plan d’intervention humanitaire n’avait été financé qu’à hauteur de 27 %, contraignant de nombreuses organisations à réduire ou suspendre des programmes vitaux. Sans un soutien urgent et renforcé, les agences humanitaires préviennent d’une aggravation rapide de l’insécurité alimentaire, des pénuries d’eau et des risques sanitaires.
Ce contexte humanitaire tendu intervient également sur fond de tensions politiques régionales. Un mois plus tôt, Israël a annoncé reconnaître le Somaliland comme État indépendant, une décision inédite concernant ce territoire qui s’est séparé de la Somalie en 1991 mais n’avait jusque-là jamais été reconnu par un membre de l’ONU. Cette reconnaissance a suscité des manifestations en Somalie et des inquiétudes au plus haut niveau de l’État. Le président somalien, Hassan Sheikh Mohamud, a averti que ce différend pourrait fragiliser la stabilité politique, la reprise économique et les efforts de développement du pays s’il n’était pas géré avec prudence.