En Somalie, l’urgence humanitaire se mesure désormais en semaines. Le Programme alimentaire mondial prévient qu’en l’absence de 95 millions de dollars d’ici avril, son assistance vitale pourrait être suspendue, laissant des millions de personnes sans soutien dans un pays déjà ravagé par la sécheresse, les conflits et les déplacements massifs. Près de 4,4 millions de Somaliens sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë, dont près d’un million souffre de la faim, tandis que les pertes de récoltes et de bétail continuent de pousser les familles hors de leurs terres.
Faute de financements suffisants, les opérations ont déjà été drastiquement réduites. Le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire d’urgence est passé de 2,2 millions début 2025 à un peu plus de 600 000 aujourd’hui. Les programmes nutritionnels ont suivi la même trajectoire, abandonnant des centaines de milliers de femmes enceintes, de mères allaitantes et d’enfants. Pour les équipes du PAM, cette contraction brutale signifie qu’une grande partie des populations les plus vulnérables n’a désormais plus aucun filet de sécurité.
Le spectre de 2022 plane sur le pays. Cette année-là, la Somalie n’avait évité la famine que grâce à une mobilisation internationale massive. Aujourd’hui, les indicateurs d’alerte précoce repassent au rouge, dans un contexte de baisse des financements humanitaires. Sans réaction rapide des bailleurs, préviennent les responsables onusiens, la crise pourrait provoquer des répercussions bien au-delà des frontières somaliennes, transformant une catastrophe annoncée en échec collectif.