« Si le président n’est pas aligné avec son parti, le Pastef retournera dans l’opposition » Ousmane Sonko

Dimanche soir, face à un militant qui l’interroge en direct sur ses relations avec le chef de l’État, Ousmane Sonko ne contourne pas la question. Le Premier ministre sénégalais pose un cadre clair : tant que le président Bassirou Diomaye Faye reste fidèle à la ligne du Pastef, « le débat n’a pas lieu d’être ». Mais en cas de désalignement, prévient-il, le parti majoritaire pourrait quitter le gouvernement. « Le Pastef n’a aucun problème avec l’une ou l’autre des options », tranche-t-il, évoquant tour à tour une « cohabitation douce », une entente plus difficile, ou un retour assumé dans l’opposition.

Ces déclarations du 2 mars interviennent dans un climat alourdi par des rumeurs persistantes de rivalité entre les deux anciens alliés. Figure centrale de l’opposition sous le précédent régime, Ousmane Sonko avait été empêché de se présenter à la présidentielle de 2024 à la suite d’une condamnation judiciaire. Il avait alors désigné Bassirou Diomaye Faye comme candidat du Pastef. Une fois élu, ce dernier l’a nommé Premier ministre. Une ascension politique fulgurante bâtie sur une alliance que certains disent aujourd’hui fragilisée.

En toile de fond, la situation économique accroît la pression. Le Sénégal négocie avec le Fonds monétaire international pour relancer un programme de 1,8 milliard de dollars gelé en 2024, après la révélation par le nouveau pouvoir de dettes mal déclarées par l’administration précédente, estimées à plus de 11 milliards de dollars. En novembre, des déclarations contradictoires entre les camps présidentiel et gouvernemental, notamment sur une éventuelle restructuration de la dette évoquée puis refusée, avaient provoqué une chute des obligations internationales du pays.

Dans un contexte de tensions universitaires et de négociations financières sensibles, toute perception de fracture au sommet de l’État pourrait compliquer davantage les discussions avec le FMI. Entre loyauté partisane et responsabilité institutionnelle, l’exécutif sénégalais avance sur une ligne étroite, où la moindre divergence publique prend aussitôt des allures de test politique.

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