Un éboulement d’une ampleur rare a frappé mardi après-midi la région minière de Rubaya, à 70 kilomètres à l’ouest de Goma. Le gouvernement congolais a publié mercredi un bilan provisoire faisant état de plus de 200 morts, dont environ 70 enfants, ainsi que de nombreux blessés évacués vers les hôpitaux de Goma. La cité minière, vaste et dispersée sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés, se trouve depuis avril 2024 sous le contrôle du groupe antigouvernemental M23, alors que l’État congolais n’exerce plus aucune autorité effective sur le terrain.
La catastrophe souligne la fragilité des zones riches en coltan, minerai stratégique pour l’industrie électronique. La RDC concentre près de 60 % des réserves mondiales, produisant entre 15 et 30 % de la demande mondiale, mais ces richesses cohabitent avec des conditions de travail extrêmement précaires et une absence totale de surveillance gouvernementale. L’accès à Rubaya reste limité, les télécommunications y étant régulièrement interrompues, rendant difficile la vérification indépendante des informations et l’intervention des organisations humanitaires.
Le drame met également en lumière le risque permanent pour les mineurs et leurs familles dans des territoires hors de contrôle étatique. Les habitants vivent dans une extrême précarité, avec des infrastructures quasi inexistantes, et dépendent souvent de pratiques artisanales pour extraire le minerai. Les autorités locales et internationales s’inquiètent désormais de l’ampleur de l’impact humanitaire, alors que la région reste isolée et que le nombre exact de victimes pourrait encore augmenter dans les jours à venir.