Niger : une mobilisation internationale s’intensifie pour exiger la libération de Mohamed Bazoum 

Près de deux ans et demi après le coup d’État du 26 juillet 2023, la pression internationale reprend de l’ampleur. Un Collectif international pour la libération de Mohamed Bazoum, réunissant défenseurs des droits humains, responsables politiques et personnalités engagées, a adressé une lettre ouverte aux plus hautes institutions mondiales, dont l’ONU, l’Union européenne, l’Union africaine et la CEDEAO. 
Objectif : obtenir la libération immédiate du président nigérien déchu et de son épouse Khadija, toujours retenus dans leur résidence à Niamey. 

Le collectif dénonce une détention “arbitraire” et “assimilable à une séquestration”, soulignant l’absence totale de charges légales ou de procédure conforme aux standards internationaux. Plusieurs décisions accréditent ces accusations : la Cour de justice de la CEDEAO avait déjà exigé la libération du couple présidentiel en décembre 2023, suivie du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, qui a confirmé en février 2025 le caractère illégal de leur situation. 

Les signataires alertent également sur des conditions de détention préoccupantes : isolement prolongé, accès médical restreint, absence de visite indépendante et communication coupée avec l’extérieur. Autant d’éléments susceptibles de constituer des traitements inhumains ou dégradants selon les normes internationales. 
Pour eux, l’enjeu dépasse le cas Bazoum : ils mettent en garde contre un danger de normalisation de la violence d’État et un recul démocratique majeur dans la région du Sahel. 

Le collectif formule ainsi plusieurs exigences : une condamnation publique des institutions, une mobilisation diplomatique urgente, des sanctions ciblées contre les responsables, et un accès humanitaire immédiat au président déchu. Il appelle aussi à refuser toute légitimation de la transition militaire tant que Bazoum reste privé de liberté. 

Ni les autorités de Niamey ni l’Alliance des États du Sahel n’ont encore réagi. À 65 ans, Mohamed Bazoum reste le seul chef d’État renversé en Afrique de l’Ouest depuis 2020 à être encore détenu physiquement par les auteurs d’un putsch. 

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