L’année 2025 marque un tournant économique majeur pour le Niger. Portées par la montée en puissance des exportations de pétrole brut, les ventes du pays à l’international ont atteint un niveau inédit, franchissant le seuil des 2,4 milliards d’euros. Cette performance traduit une transformation progressive de la structure économique nigérienne et ouvre de nouvelles perspectives en matière de croissance et de stabilité macroéconomique.
Selon les données officielles, les exportations ont totalisé près de 1 600 milliards de FCFA, représentant plus de 12 % de la richesse nationale. Le pétrole brut s’impose comme le principal moteur de cette dynamique, concentrant à lui seul l’essentiel des recettes d’exportation. Cette évolution confirme le rôle stratégique du secteur énergétique dans l’économie du pays, longtemps dépendante de produits traditionnels à faible valeur ajoutée.
Dans le même temps, les importations se sont établies à un niveau inférieur, autour de 1 200 milliards de FCFA. Elles restent dominées par les produits alimentaires, les biens de consommation courante et les équipements industriels. Ce différentiel entre exportations et importations a permis au Niger d’amorcer un rééquilibrage inédit de ses échanges extérieurs.
Conséquence directe de cette nouvelle configuration, la balance commerciale, historiquement déficitaire, affiche pour la première fois un solde positif. Cette inversion de tendance constitue un signal fort pour l’économie nationale. Les projections officielles indiquent que cet excédent pourrait se consolider au cours des prochaines années, soutenu par la stabilité des exportations pétrolières et une meilleure maîtrise des flux commerciaux.
Les autorités nigériennes entendent capitaliser sur cette dynamique. Le gouvernement a engagé une réflexion sur la révision de plusieurs accords économiques et mécanismes de financement afin de soutenir les secteurs productifs clés. L’agriculture, l’élevage, l’énergie, l’hydraulique et les infrastructures de transport figurent au cœur de cette stratégie, avec pour objectif de diversifier l’économie et réduire la dépendance aux importations.
Par ailleurs, la mise en place envisagée d’une Banque des projets devrait permettre de structurer et de prioriser les investissements dans l’ensemble des secteurs socio-économiques. Cette initiative s’inscrit dans une politique plus large visant à renforcer les recettes internes, élargir l’assiette fiscale, améliorer l’environnement des affaires et optimiser la gestion des dépenses publiques.
Au-delà des chiffres, la performance enregistrée en 2025 symbolise une phase de transition pour le Niger. Si le pétrole demeure un pilier central, les autorités affichent la volonté d’en faire un levier au service d’un développement plus inclusif et durable, capable de soutenir la croissance sur le long terme et de renforcer la résilience de l’économie nationale.