Le Bureau de la lutte contre le terrorisme des Nations unies alerte sur une aggravation rapide de la menace terroriste à l’échelle mondiale, avec une situation jugée particulièrement critique en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel. Devant le Conseil de sécurité, les responsables onusiens ont décrit une menace devenue à la fois plus diffuse, plus résiliente et plus sophistiquée.
S’exprimant mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations unies, Alexandre Zouev, sous-secrétaire général par intérim du Bureau de la lutte contre le terrorisme, a souligné que la menace posée par le groupe État islamique n’a cessé de croître. Selon lui, cette menace est aujourd’hui multipolaire et d’une complexité accrue, avec des foyers de tension particulièrement alarmants en Afrique de l’Ouest et dans la région du Sahel.
Malgré la pression soutenue exercée par les dispositifs nationaux et internationaux de lutte antiterroriste, le groupe et ses affiliés continuent de s’adapter. Ils font preuve d’une forte capacité de résilience, poursuivent le recrutement de combattants terroristes étrangers et renforcent l’usage des technologies nouvelles et émergentes, a expliqué Alexandre Zouev, mettant en garde contre l’évolution constante de leurs modes opératoires.
Le responsable onusien a également relevé la capacité du groupe à préserver ses sources de financement. Collectes de fonds opportunistes, taxation illégale des populations locales et enlèvements contre rançon demeurent des leviers essentiels de son économie clandestine. Dans le bassin du lac Tchad, l’État islamique en Afrique de l’Ouest a, selon lui, encore consolidé son influence, accentuant l’instabilité régionale.
Au Moyen-Orient, la menace reste également bien présente. Le groupe demeure actif en Irak et en République arabe syrienne, où il poursuit ses attaques et intensifie ses efforts pour déstabiliser les autorités locales. En Syrie en particulier, la situation sécuritaire est décrite comme extrêmement fragile, laissant craindre une persistance durable de l’insécurité.
De son côté, Natalia Gherman, directrice exécutive de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, a rappelé que, malgré les transformations profondes du système des Nations unies, l’objectif central reste inchangé : préserver la paix et la sécurité internationales. Elle a insisté sur le caractère indispensable des efforts multilatéraux face à la menace de Daech, appelant à des ressources adéquates et à une coopération pleine et entière de l’ensemble des États membres pour atteindre l’objectif commun d’un monde libéré du terrorisme.
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