La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre dans un pays habitué aux secousses politiques : Saïf al-Islam Kadhafi, fils du défunt dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a été tué mardi 4 février à Zintan, dans l’ouest du pays. Âgé de 53 ans, celui qui fut longtemps perçu comme l’héritier potentiel du régime déchu aurait été abattu chez lui par un commando armé, selon son avocat et des sources proches de son entourage.
D’après les premiers éléments, quatre hommes non identifiés auraient neutralisé le système de surveillance avant de pénétrer dans la résidence et de l’exécuter. Un scénario qui souligne les failles sécuritaires persistantes dans une Libye fragmentée, où même les figures les plus protégées restent vulnérables. Saïf al-Islam vivait dans une relative clandestinité, multipliant les déplacements, et son entourage évoquait déjà, quelques jours avant sa mort, des risques sécuritaires croissants.
Personnage controversé, formé en Occident et autrefois présenté comme un réformateur, il était devenu l’un des symboles de la répression de 2011, recherché par la Cour Pénale Internationale pour crimes contre l’humanité. Condamné à mort en 2015 avant de bénéficier d’une amnistie, il avait tenté un retour politique en 2021 en se présentant à la présidentielle, misant sur la nostalgie d’une partie de la population envers l’ancien régime. Une ambition avortée dans un pays où le scrutin avait été annulé et où les divisions restent profondes.
Sa disparition pourrait rebattre les cartes d’un paysage politique déjà instable. Pour certains, il pourrait devenir une figure martyre ; pour d’autres, son élimination marque la fin d’un acteur encombrant dans une Libye toujours déchirée entre autorités rivales à Tripoli et Benghazi. Quatorze ans après la chute de Mouammar Kadhafi, l’assassinat de son fils rappelle que la transition libyenne demeure inachevée, et que la violence reste l’un des langages dominants du pouvoir.