C’est un symbole fort dans un pays encore marqué par l’instabilité. Après quatorze années de fermeture, le Musée national de Libye a officiellement rouvert ses portes à Tripoli, marquant une étape majeure dans la reconstruction culturelle du pays. Installé dans l’enceinte historique d’As-Saraya Al-Hamra, aussi connu sous le nom de Château Rouge, le site retrouve enfin sa vocation première : préserver et transmettre l’histoire libyenne.
Fermé en 2011 à la suite de la chute de Mouammar Kadhafi et des affrontements qui ont secoué la capitale, le musée était devenu un lieu figé par le conflit. Le régime déchu avait fait de ce site un espace hautement symbolique, notamment lors de ses dernières apparitions publiques. La guerre avait contraint à l’arrêt total des activités culturelles, laissant derrière elle des salles désertées et un patrimoine inaccessible.
La réouverture progressive du musée permet aujourd’hui de redécouvrir une collection exceptionnelle, couvrant plusieurs millénaires d’histoire. Des objets datant de la préhistoire aux vestiges des périodes grecque, romaine et islamique, le parcours met en lumière la richesse des civilisations ayant façonné la Libye. Mosaïques, sculptures, pièces de monnaie, peintures murales et momies anciennes issues de régions reculées du sud libyen composent un ensemble unique.
Engagés en 2023, les travaux de rénovation ont permis de sécuriser et de restaurer plusieurs espaces d’exposition. Pour les autorités, cette renaissance dépasse le cadre culturel. Lors de la cérémonie de réouverture, le chef du gouvernement d’union nationale a souligné que le musée incarnait un signe tangible du redressement des institutions libyennes, malgré un contexte sécuritaire encore fragile.
Dans un pays qui compte cinq sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, la réouverture du Musée national apparaît comme un message d’espoir : celui d’une Libye déterminée à protéger sa mémoire, à reconnecter ses citoyens à leur histoire et à réaffirmer sa place dans le patrimoine universel.