Pour la première fois, le Ghana n’est plus un simple spectateur de la course à la 5G en Afrique. Depuis le lancement commercial de la semaine dernière, des antennes scintillent dans les villes clés, tandis que les opérateurs commencent à brancher leurs abonnés sur des débits jamais vus dans le pays. Derrière cette avancée, Next-Gen InfraCo (NGIC), entreprise fondée en 2024, détient la licence exclusive pour construire un réseau national partagé, séparant l’infrastructure de la fourniture de services, une stratégie censée accélérer la couverture tout en optimisant les investissements.
Le modèle choisi est inédit pour le continent : NGIC déploie le réseau et les opérateurs comme Telecel Ghana ou AT l’utilisent pour fournir le service aux clients. MTN Ghana, dominant le marché avec 80 % des abonnés de données mobiles, n’a pas encore rejoint le mouvement. Selon Edmund Yirenkyi Fianko, directeur de la National Communications Authority, la pleine utilisation par les opérateurs devrait se concrétiser cette année, avec un objectif ambitieux : couvrir 70 % de la population d’ici mars 2027, date du 70ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays.
Le Ghana rejoint ainsi une poignée de pays africains ayant activé la 5G, dans un continent où la technologie reste encore marginale. La pandémie de Covid-19 a accéléré la demande de connectivité, mais la route reste semée d’embûches : seulement 25 % des zones urbaines africaines bénéficiaient de la 5G en 2024, contre 73 % pour la 4G, et le nombre d’abonnés 5G ne dépassait pas 26 millions pour près de 600 millions d’abonnés mobiles uniques. Les obstacles sont à la fois techniques et financiers, des coûts astronomiques d’infrastructure aux smartphones compatibles encore trop chers.
Pour Tenu Awoonor, DG de NGIC, la séparation infrastructure/services n’est pas qu’une question d’efficacité économique : « Elle permet de transformer nos ambitions en réalité, en donnant aux citoyens un accès concret à l’internet mobile ultra-rapide, tout en jetant les bases d’une couverture nationale accélérée ». Le pays entre ainsi dans un nouveau chapitre de sa connectivité, entre promesse technologique et défis d’adoption.