L’Algérie poursuit sa politique de sécurisation alimentaire en intensifiant ses achats de céréales sur le marché mondial. À l’issue d’un récent appel d’offres international, le pays aurait acquis environ un demi-million de tonnes de blé dur, confirmant sa volonté de consolider ses réserves face aux incertitudes climatiques et aux tensions sur les marchés agricoles.
Selon des estimations issues des milieux du négoce international, les volumes achetés se situeraient entre 500 000 et 550 000 tonnes. Les transactions auraient été conclues à des niveaux de prix variables selon la taille des cargaisons, avec des coûts globalement compris autour de la barre des 315 à 325 dollars la tonne, transport inclus. Les livraisons sont prévues de manière étalée entre février et mars 2026, afin d’assurer un approvisionnement régulier du marché national.
Comme à son habitude, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) ne communique pas officiellement sur les résultats détaillés de ses appels d’offres. Les chiffres avancés reposent donc sur les évaluations des opérateurs du marché, qui suivent de près les stratégies d’achat de l’Algérie, l’un des principaux importateurs de blé en Afrique.
Cette nouvelle opération s’inscrit dans une série d’achats significatifs réalisés ces derniers mois. Entre la fin de l’année 2025 et le début de la campagne en cours, les autorités algériennes ont multiplié les appels d’offres portant aussi bien sur le blé tendre que sur le blé dur, portant les volumes cumulés à plusieurs millions de tonnes. Cette dynamique vise à stabiliser l’approvisionnement intérieur et à limiter l’impact de la volatilité internationale sur les prix locaux.
Parallèlement aux importations, la production nationale de blé affiche une amélioration progressive. Les prévisions internationales tablent sur une légère hausse des rendements agricoles pour la saison en cours, soutenue par de meilleures conditions culturales. Toutefois, ces estimations demeurent inférieures aux ambitions affichées par les autorités algériennes, qui visent une montée en puissance de la production locale et une autonomie renforcée, notamment en blé dur, à moyen terme.
Dans ce contexte, la stratégie algérienne repose sur un double levier : sécuriser les importations pour répondre aux besoins immédiats et investir dans l’agriculture afin de réduire la dépendance extérieure. Les achats récents illustrent cette approche pragmatique, combinant gestion des stocks, anticipation des risques et préparation d’une transition progressive vers une plus grande autosuffisance céréalière.