La décision de la Cour constitutionnelle de renvoyer la loi portant réorganisation du Conseil national de la presse (CNP) dans le circuit législatif continue de susciter de vives réactions au sein du secteur médiatique marocain. La Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) a salué cette décision, tout en appelant le gouvernement à ouvrir « un dialogue urgent et sérieux » avec l’ensemble des acteurs concernés.
Dans sa décision n° 261/26 rendue le jeudi 22 janvier 2026, la cour constitutionnelle a jugé non conformes à la Constitution plusieurs dispositions de la loi n° 026.25 relative à la réorganisation du CNP, après une saisine introduite par les composantes de l’opposition à la Chambre des représentants. La juridiction constitutionnelle a ainsi ordonné le renvoi du texte à la procédure législative, mettant un coup d’arrêt à son adoption définitive.
Pour la Fédération marocaine des éditeurs de journaux, cette décision confirme les critiques formulées depuis le début du processus législatif. Dans un communiqué rendu public, la Fédération estime que le texte adopté par le gouvernement et sa majorité parlementaire était « entaché d’irrégularités constitutionnelles » et traduisait une volonté d’affaiblir le principe de l’autorégulation de la presse.
La FMEJ souligne que la Cour constitutionnelle a insisté, dans l’esprit et la motivation de sa décision, sur des principes fondamentaux consacrés par la Constitution, notamment le pluralisme, la démocratie, l’égalité et l’indépendance. Des principes que la Fédération considère comme incompatibles avec certaines dispositions de la loi contestée, déjà critiquée par deux institutions constitutionnelles de gouvernance dans leurs avis consultatifs.
L’organisation professionnelle appelle ainsi le gouvernement et sa majorité à assumer leurs responsabilités constitutionnelles, politiques et juridiques, en rouvrant un dialogue « inclusif, sérieux et productif » avec l’ensemble des organisations représentatives des journalistes et des éditeurs, sans exclusion ni discrimination. Objectif affiché : parvenir à un consensus autour d’un cadre législatif garantissant la liberté de la presse, le pluralisme et le sens véritable de l’autorégulation.
Au-delà du débat juridique, la FMEJ estime que cette décision intervient dans un contexte marqué par des crises profondes que traverse le secteur de la presse au Maroc, ainsi que par une dégradation de sa gouvernance ces dernières années. Elle y voit une opportunité de corriger le cap et de restaurer l’image démocratique du pays en matière de liberté d’expression et d’indépendance des médias.
En conclusion, la Fédération considère que le renvoi de la loi sur le CNP ouvre une nouvelle phase qui pourrait permettre de « sauver ce qui peut l’être » et de bâtir un avenir meilleur pour la presse et les journalistes marocains, à condition que le dialogue annoncé se traduise par des actes concrets.