Face à l’explosion démographique, la Banque mondiale investit 972 millions $ pour l’emploi des jeunes en Afrique de l’Est et australe

Chaque année, ils sont près de huit millions à frapper à la porte du marché du travail en Afrique de l’Est et australe. Mais moins d’un million décroche un emploi salarié. Derrière ces chiffres, une réalité plus vaste : 6,5 millions de jeunes, dont 3,6 millions de femmes, ne sont ni en formation ni en activité professionnelle. Face à cette pression démographique, la Banque mondiale déploie une réponse d’envergure : un programme régional de 972 millions de dollars destiné à former 18 millions de jeunes d’ici 2034.

Baptisé SET4Jobs, Compétences pour la transformation économique et l’emploi – le dispositif est financé par l’Association Internationale de Développement (IDA), le guichet de la Banque mondiale dédié aux pays à faible revenu. L’objectif affiché dépasse la simple formation : il s’agit d’aligner les compétences sur les besoins réels des économies locales et de stimuler la création d’emplois à grande échelle. « C’est un investissement transformateur dans la plus grande richesse de l’Afrique : sa jeunesse », affirme Ndiamé Diop, vice-président de l’institution pour la région.

Le programme ciblera sept pays : Comores, République démocratique du Congo, Madagascar, Mozambique, Sao Tomé-et-Principe, Tanzanie et Zambie. Les investissements seront orientés vers des secteurs jugés stratégiques; agroalimentaire, énergie, santé, tourisme et industrie manufacturière; avec une implication accrue du secteur privé. Plus de 60 % de la population africaine vit dans cette sous-région, où la croissance démographique dépasse encore la capacité des économies à absorber la main-d’œuvre disponible.

Au-delà des salles de classe et des centres techniques, SET4Jobs prévoit également une plateforme régionale d’échange de connaissances pour mutualiser les expériences et renforcer la coopération. La coordination sera assurée par le Conseil interuniversitaire pour l’Afrique de l’Est (IUCEA), chargé de consolider l’enseignement supérieur, la recherche et l’incubation d’entreprises. Sans montée en compétences et sans réformes favorisant l’investissement privé, la promesse démographique pourrait se transformer en fracture sociale. Avec ce programme, la Banque mondiale parie que la formation peut devenir le levier d’une prospérité durable.

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