Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amin Tehraoui, a affirmé, mardi 22 octobre 2025 devant la Chambre des conseillers, que la question des services d’urgences constitue une priorité absolue dans le chantier de réforme du système de santé, étant un service essentiel pour sauver des vies et assurer une prise en charge immédiate des citoyens.
Répondant à une question orale sur « la situation des services d’urgences dans le secteur public », Tehraoui a reconnu que ces services connaissent un certain nombre de difficultés, notamment la surpopulation, le manque de ressources humaines, ainsi que le fait qu’environ 60 % des cas qui s’y présentent ne relèvent pas réellement de l’urgence, ce qui accentue la pression et nuit à la qualité de la prise en charge.
Le ministre a indiqué que plusieurs mesures ont été prises afin d’améliorer et de développer le fonctionnement des services d’accueil des urgences, à travers un plan d’action à court terme (10 semaines), qui comprend la réorganisation interne des services, l’unification des protocoles et des procédures médicales dédiés à la prise en charge des patients en situation d’urgence, ainsi que le renforcement de la présence permanente des médecins au sein de ces services.
Ce plan prévoit également la mise en place d’une signalétique unifiée dans l’ensemble des services d’accueil des urgences à l’échelle nationale, l’amélioration des salles de repos destinées au personnel soignant afin de garantir de meilleures conditions de travail, ainsi que l’aménagement des espaces d’accueil et des salles d’attente pour offrir un environnement plus confortable aux patients et mieux organiser leur accès aux prestations médicales.
Dans le même esprit, Tehraoui a précisé que le ministère a également adopté un plan de réforme structurelle à moyen terme, reposant notamment sur la refonte de la formation en médecine d’urgence, le renforcement des ressources humaines, l’instauration d’incitations financières et professionnelles destinées à attirer médecins et infirmiers vers cette spécialité, ainsi que le développement des réseaux « SAMU » pour assurer la prise en charge préhospitalière, en plus de l’unification des protocoles relatifs à la prise en charge des urgences.
Par ailleurs, et en réponse à une autre question portant sur « la mise à niveau des centres de santé dans les zones rurales », le ministre a souligné que les difficultés du monde rural en matière d’accès aux services de santé sont traitées dans le cadre d’un vaste chantier de réforme lancé depuis 2021, visant à réduire les disparités territoriales et à garantir une plus grande équité dans l’accès aux soins.
À cet égard, il a indiqué que plusieurs infrastructures sanitaires ont été créées, parmi lesquelles des hôpitaux de proximité à Madar (province de Driouch), Talsint et Ahfir, qui assurent des services de santé au profit d’environ 170 000 habitants, ainsi que l’hôpital provincial de Tinghir, qui couvrira plus de 300 000 habitants et constituera une structure de référence régionale.
Tehraoui a souligné que ces réalisations dans le milieu rural s’inscrivent dans le cadre d’un ambitieux programme national d’investissement dans les infrastructures sanitaires, fondé sur le lancement d’un programme national de réhabilitation de 1 400 centres de santé de proximité d’ici décembre 2025, selon des normes unifiées pour les centres de nouvelle génération, comprenant des espaces d’accueil modernes, des équipements biomédicaux, une pharmacie équipée, des salles d’attente adaptées, ainsi qu’un raccordement au système numérique national.
Ce programme inclut également la réalisation de 22 nouveaux projets hospitaliers entre 2022 et 2025, représentant une capacité additionnelle de 2 433 lits, ainsi que le lancement de 24 projets en cours d’achèvement (2025–2026) pour 2 273 lits supplémentaires, auxquels s’ajoutera la programmation de 20 nouveaux projets à l’horizon 2027, avec une capacité de 2 430 lits.
Parallèlement, le ministre a ajouté qu’il a été procédé au lancement de la construction d’hôpitaux universitaires dans différentes régions, afin que chaque région dispose désormais d’infrastructures hospitalo-universitaires modernes permettant d’assurer à la fois des services de soins avancés et une formation médicale sur place. Cela contribuera à former les cadres de santé au sein même de leurs provinces et à limiter l’exode interne vers les grandes villes.