Diaspora africaine : UBA veut faire passer l’argent des familles aux portefeuilles d’investissement

Chaque fin de mois, des virements quittent Paris, Londres ou Dubaï pour atterrir à Lagos, Accra ou Nairobi. Pendant des années, cet argent a servi à payer des frais de scolarité, des loyers ou des factures médicales. Désormais, UBA veut changer le récit. La banque panafricaine de Tony Elumelu lance une plateforme pensée pour transformer ces transferts en capital productif, en offrant aux Africains de l’étranger la possibilité d’épargner, d’assurer leur avenir et d’investir sur le continent sans quitter leur pays de résidence.

L’outil réunit en un seul espace des services bancaires classiques, des produits d’assurance, des plans de retraite, des opportunités immobilières et des solutions de placement, grâce à un réseau de partenaires financiers spécialisés. L’idée est simple : qu’un ingénieur installé à New York ou une infirmière basée à Londres puisse gérer un portefeuille d’actifs en Afrique aussi facilement qu’elle envoie aujourd’hui de l’argent à sa famille. Pour Anant Rao, responsable de la division diaspora du groupe, ces flux ne doivent plus être considérés comme de simples aides familiales mais comme un levier stratégique pour la croissance du continent.

L’enjeu est immense. En 2023, les transferts de la diaspora vers l’Afrique subsaharienne ont atteint environ 54 milliards de dollars, davantage que les investissements directs étrangers la même année. Le Nigeria en a capté près de 19,5 milliards, le Ghana 4,6 milliards et le Kenya plus de 4 milliards. Dans certains pays, ces envois représentent plus d’un cinquième du PIB. Pourtant, la majorité de ces fonds disparaît dans la consommation quotidienne, faute de produits financiers fiables et accessibles pour les canaliser vers des projets structurants.

UBA tente ainsi de combler un vide que les institutions internationales pointent depuis des années : réduire le coût des transferts, formaliser les circuits financiers et offrir des placements crédibles. Mais la réussite de cette mutation dépendra d’éléments qui dépassent la technologie bancaire : stabilité économique, confiance dans les marchés, transparence et gouvernance. Car pour que l’argent envoyé par nostalgie devienne un investissement, il faudra d’abord convaincre la diaspora que l’avenir du continent est aussi un pari rentable.

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous Post

Fièvre aphteuse : La Zambie verrouille sa frontière pour sauver son cheptel

Next Post

Les paramilitaires soudanais étendent leur emprise au Darfour avec la prise d’Al-Tina

Related Posts