Plus d’un siècle après avoir été emportées par les troupes coloniales britanniques, 116 œuvres majeures du royaume du Bénin changent officiellement de propriétaire. L’Université de Cambridge a acté le transfert juridique de ces pièces au Nigeria, marquant une étape symbolique dans la longue bataille pour la restitution des trésors africains dispersés à travers l’Europe depuis la fin du XIXᵉ siècle.
Ces sculptures, plaques, têtes commémoratives et bijoux en métal, produits entre le XVe et le XIXe siècle, ne sont pas de simples objets d’art : ils incarnent une mémoire politique, spirituelle et historique pour les communautés d’Edo. Conservés depuis plus de 100 ans dans les collections universitaires britanniques, ils devraient être physiquement rapatriés avant la fin de l’année, à la suite d’une demande officielle formulée par Abuja en 2022 et validée par les autorités britanniques compétentes.
Le Nigeria prévoit d’exposer ces artefacts à Lagos et à Benin City, dans une future collection permanente, tandis que 17 pièces resteront temporairement à Cambridge sous forme de prêt. Pour les responsables nigérians, cette restitution participe à la reconstruction d’une dignité culturelle longtemps confisquée, dans un contexte mondial où les institutions occidentales reconsidèrent de plus en plus l’héritage des acquisitions coloniales.