La décision est tombée plus tôt que prévu et a pris de court de nombreux producteurs. La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a annoncé mercredi une forte réduction du prix garanti aux planteurs. Désormais fixé à 1 200 francs CFA le kilo, il chute nettement par rapport aux 2 800 francs CFA appliqués auparavant, dans un contexte de baisse marquée des prix sur les marchés internationaux.
Le ministre de l’Agriculture, Bruno Koné, a justifié cette mesure par l’évolution défavorable du marché mondial. Selon lui, l’écart devenu trop important entre les prix internationaux et le tarif local rendait cet ajustement inévitable. Habituellement révisé deux fois par an, le prix du cacao a été annoncé cette fois près d’un mois plus tôt que le calendrier habituel.
Cette filière stratégique pèse lourd dans l’économie ivoirienne. Elle représente environ 14 % du produit intérieur brut et fait vivre près de cinq millions de personnes à travers le pays. Pourtant, depuis les sommets atteints fin 2024, lorsque la tonne de cacao dépassait 12 000 dollars, les cours ont fortement reculé pour s’établir autour de 2 900 dollars, rendant le cacao ivoirien beaucoup moins compétitif sur le marché mondial.
Sur le terrain, la décision provoque déjà des réactions. À Duékoué, dans l’ouest du pays, le syndicaliste Yao Yao déplore une mesure qui, selon lui, pénalisera surtout les cultivateurs. Plusieurs producteurs affirment par ailleurs attendre encore le paiement de leurs récoltes, malgré les achats de 64 000 tonnes de cacao réalisés ces derniers mois par le Conseil national du café et du cacao pour soutenir le secteur.