Bovins ukrainiens en route vers l’Algérie : un nouveau corridor pour nourrir le marché

L’Algérie élargit sa carte d’approvisionnement en bétail. À partir de fin janvier, les autorités ukrainiennes ont confirmé que leurs bovins peuvent désormais entrer sur le marché algérien, après validation des certificats sanitaires requis. Ces animaux seront destinés à l’abattage, à l’engraissement ou à la reproduction, ouvrant un nouveau chapitre dans les échanges agroalimentaires entre les deux pays. Pour Kiev, c’est une percée commerciale ; pour Alger, un levier supplémentaire pour contenir la pression sur les prix de la viande.

Cette ouverture intervient dans un contexte où l’Algérie reste structurellement dépendante des importations pour satisfaire une demande intérieure en constante progression. Jusqu’ici, le pays se tournait principalement vers le Brésil et plusieurs pays européens pour l’achat de bovins vivants. L’arrivée de l’Ukraine dans ce cercle de fournisseurs traduit la volonté d’Alger de diversifier ses sources et de sécuriser ses approvisionnements face aux tensions globales sur les marchés agricoles.

Pour encourager ces flux, le gouvernement algérien a mis en place un dispositif fiscal exceptionnel. Entre novembre 2025 et juin 2026, les importations de bovins destinés à l’abattage bénéficient d’une exonération quasi totale de taxes et de droits, notamment en prévision de l’Aïd el-Adha, période de forte consommation. Même après cette échéance, un régime douanier préférentiel doit perdurer afin de maintenir l’offre et d’éviter une flambée des prix sur le marché intérieur.

Cependant, la production locale reste insuffisante pour couvrir la consommation, estimée à près de 20 kg de viande rouge par habitant et par an. Si la filière contribue significativement au PIB agricole, elle ne satisfait qu’environ 80 % des besoins. Alger affirme vouloir renforcer son cheptel national à long terme, mais, à court terme, l’ouverture à de nouveaux fournisseurs comme l’Ukraine apparaît comme une réponse pragmatique à un marché sous tension et à une demande qui ne cesse de croître.

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