Bénin : le feu vert du FMI consacre un modèle de croissance sous surveillance

À Cotonou, l’annonce a valeur de signal pour toute l’UEMOA : le Fonds monétaire international vient de boucler ses dernières évaluations et de libérer près de 100 millions d’euros en faveur du Bénin, scellant un programme engagé depuis 2022. Derrière ce décaissement immédiat, environ 118 millions de dollars se lit la reconnaissance d’une trajectoire économique jugée rigoureuse, entre discipline budgétaire et réformes structurelles. Une partie des fonds relève des appuis classiques aux finances publiques, l’autre d’un mécanisme dédié au climat et à la résilience, confirmant l’orientation du pays vers des politiques de long terme. Au total, près de 870 millions de dollars auront été mobilisés en quatre ans.

Cette validation finale n’est pas qu’un geste technique : elle signifie que les principaux indicateurs ont tenu la ligne. En 2024, le déficit public a été ramené à 3,1 % du PIB, frôlant la norme communautaire, tandis que la mobilisation fiscale s’est poursuivie sans sacrifier les dépenses sociales. La dette, réévaluée à 60,5 % du PIB après reclassement de certains emprunts, reste considérée comme soutenable, même si le FMI appelle à la prudence face aux engagements des entreprises publiques. Une gestion qui distingue le Bénin dans une union monétaire où les trajectoires économiques demeurent inégales.

Portée par un taux de croissance de 7,5 % en 2024, le plus élevé depuis 1990, l’économie béninoise avance désormais avec l’ambition de transformer la performance macroéconomique en progrès social tangible. Les services dominent toujours la richesse nationale, mais l’agro-industrie et la zone industrielle de Glo-Djigbé tirent le secteur secondaire, tandis que l’agriculture retrouve de l’élan. La Banque mondiale projette déjà une croissance autour de 7 % en 2026, plaçant le pays en tête de l’UEMOA. Reste le défi central : faire de cette expansion un développement inclusif, objectif affiché par la « Vision Bénin 2060 Alafia », feuille de route qui promet de lier industrialisation, gouvernance et prospérité partagée sur trois décennies.

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