Après des années de projets avortés, le Bénin remet ses ambitions aériennes sur la piste. Cette semaine, la compagnie nationale Amazone Airlines a officiellement lancé ses premiers vols domestiques entre Cotonou et Parakou. Une liaison stratégique qui marque le retour du transport aérien intérieur dans un pays jusque-là dépendant presque exclusivement de la route.
Le décollage intervient peu après l’obtention du certificat d’exploitation délivré par l’Agence nationale de l’aviation civile. À bord, la promesse est simple : relier le sud au nord en 1h15, contre sept à huit heures de route. Le billet, fixé autour de 50 000 FCFA, reste nettement plus élevé que le transport terrestre, mais mise sur le gain de temps pour séduire une nouvelle clientèle.
Derrière ce lancement se cache une longue histoire de tentatives inabouties. Dès 2021, les autorités avaient envisagé de relancer un pavillon national avec Bénin Airlines, un projet finalement abandonné. Aujourd’hui, Amazone Airlines, issue notamment d’une recomposition avec Cronos Airlines Bénin, reprend le flambeau dans un contexte de relance économique et d’ouverture vers des partenariats internationaux, évoqués notamment lors de discussions avec le Qatar.
Au-delà de cette première ligne, l’enjeu est plus large : soutenir le tourisme et connecter les territoires. Le gouvernement vise plus de 2 millions de visiteurs d’ici 2030 et une contribution accrue du secteur au PIB. Mais entre coûts élevés, concurrence de la route et demande encore fragile, le pari d’un ciel domestique rentable reste, pour l’instant, un vol sous surveillance.