Alors que la fermeture du détroit d’Ormuz continue de perturber en profondeur les flux énergétiques mondiaux, l’attention internationale se porte désormais sur le détroit de Bab el-Mandeb, autre point de passage stratégique du commerce maritime. Ce corridor, essentiel à la circulation du pétrole et des marchandises, apparaît de plus en plus exposé à une escalade régionale aux conséquences potentiellement majeures.
Dimanche, le président américain Donald Trump a intensifié la pression sur Téhéran, adressant des menaces directes contre ses infrastructures et exigeant la réouverture rapide du détroit d’Ormuz. Cette montée de tension intervient dans un contexte déjà explosif, marqué notamment par le sauvetage d’un pilote américain blessé, dont l’appareil avait été abattu par les forces iraniennes derrière les lignes ennemies.
En réaction, l’Iran a ciblé des installations dans plusieurs pays du Golfe, élargissant le champ du conflit et faisant planer un risque réel sur la sécurité du détroit de Bab el-Mandeb. Large d’à peine 32 kilomètres, ce passage relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue un axe vital pour le transport pétrolier et le commerce mondial, avec près d’un quart du trafic conteneurisé y transitant en lien avec le canal de Suez.
Les inquiétudes s’accentuent avec l’implication croissante des Houthis, susceptibles de relancer leurs attaques contre les navires en mer Rouge. Une telle évolution forcerait les armateurs à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, rallongeant considérablement les routes maritimes et alourdissant les coûts logistiques. Les rebelles yéménites ont d’ailleurs averti qu’ils s’opposeraient à toute utilisation de la mer Rouge par les États-Unis ou Israël dans des opérations visant l’Iran, alimentant davantage les tensions dans une zone déjà sous haute pression.