Moins d’un an après une crise diplomatique qui avait refroidi les relations, le Niger et l’Algérie affichent un retour au pragmatisme énergétique. En visite de travail à Niamey, le ministre algérien de l’énergie, Mohamed Arkab, a acté avec les autorités nigériennes la relance des projets pétroliers communs, marquant un signal clair de normalisation entre les deux pays sahéliens.
Au centre des discussions : le bloc pétrolier de Kafra, situé dans le nord du Niger, à la frontière algérienne. Découvert en 2018 et supervisé par Sonatrach, ce champ renfermerait plus de 260 millions de barils de réserves. Les deux parties ont validé un calendrier opérationnel pour entrer dans une nouvelle phase d’exploration, prélude à une exploitation qui pourrait porter la production nationale nigérienne jusqu’à 90 000 barils par jour.
Au-delà du pétrole, la visite a aussi remis sur la table le projet stratégique du gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger. Signé en février 2025, cet axe énergétique de plus de 4 000 km incarne l’ambition d’un partenariat régional de long terme. Pour Niamey comme pour Alger, la coopération énergétique redevient ainsi un levier économique et diplomatique.